Voyageurs responsables : Témoignage d’Anaïs & Olivier, Odyssée Sauvage

par | 10 Nov 2021 | Témoignages

Cette semaine pour l’interview des voyageurs responsables, j’ai la chance de recevoir Anaïs et Olivier qui voyage en van et que je suis depuis plus de 2 ans sur les réseaux sociaux. Ils font partie de ces voyageurs qui nous vous emportent avec eux dans leur voyage, qui nous font rêver et qui éveillent les consciences. Place à leur super interview pleine de pep’s et de good vibes, de bienveillance et de pertinence !

Retrouvez tous les témoignages

  • Décrivez-vous, qui êtes-vous, que faites-vous dans la vie ?

Salut !

Nous sommes Odyssee Sauvage. Et derrière ce petit nom se cachent Olivier, Anaïs et Augustine notre enfant qui est venue compléter l’équipage en juillet 2021.

Olivier est account manager dans une agence de webmarketing et Anaïs est chargée de communication pour l’agence de l’énergie et du climat à Rennes.

En mai 2018, nous décidons d’acheter un van à aménager, notre premier projet à deux. On jette alors notre dévolu sur un Transporter T5 bleu et on lui donne le nom d’Odyssey.

En quelques weekends, Odyssey ressemble déjà au van aménagé de nos rêves. Une sorte de petite cabane de plage sur roues, avec tout le confort dont on a besoin.

En décembre 2020, on décide de s’en séparer pour continuer de vivre notre belle aventure sur les routes avec notre bébé, on trouve un fiat ducato de 5 places, qu’on appellera Orion.

voyage en van - Témoignage - voyage responsable

 

  • Selon vous, qu’est-ce que le voyage responsable ?

Selon nous, voyager responsable c’est vivre nos escapades en pleine conscience. C’est comprendre que chacun de nos choix ou de nos actes lors de nos escapades peut avoir un impact, bon ou mauvais, sur notre environnement, la planète et les gens qui nous entourent.

 

  • Depuis quand et comment êtes-vous sensibilisé au voyage responsable ?
Lorsque nous avons acheté notre premier van, nous avons décidé de l’aménager à l’aide de matériaux de récupération.

Notre premier voyage à bord de celui-ci a été notre déclic. La poubelle qui se remplit à vitesse grand V, l’eau potable qui s’épuise beaucoup plus vite que ce qu’on aurait pu imaginer, des paysages si paisibles, souillés par le passage de l’humain, oubliant derrière eux bouteilles et papiers hygiéniques. Bref, impossible de continuer de voyager comme on l’entend à ce moment-là sans prendre de nouvelles mesures, à notre échelle.

 

  • Quel voyageur étiez-vous avant de devenir un voyageur responsable ?

Il y a encore 6 ans, nous ne nous connaissions pas encore, nous partions en voyage en fonction des opportunités. Un billet aller-retour pas cher, par exemple, décidait à notre place de la prochaine destination. Des hôtels en all inclusive au bord de la mer, des voyages à l’autre bout du monde…

Anaïs est allergique au soleil, ce mode de voyage avait vite ses limites. Se dorer la pilule au soleil, très peu pour elle… finalement partir aussi loin pour rester enfermée toute la journée, ça frisait quand même le ridicule.

A cette époque c’était même la mode des cartes à gratter, que nous avons toujours chez nous aujourd’hui sur le mur de notre maison. Notre envie de voyager n’a pas changé, on aime tant la découverte et la déconnexion. Mais aujourd’hui on ne cherche plus à tout prix à découvrir toutes les régions du monde. Le BINGO du voyage ne nous intéresse plus. On a tant à découvrir encore autour de nous ! On ne voit plus la carte comme un tableau de chasse, donc on sait qu’on ne visitera pas chaque recoin de la planète et c’est ok.

voyageurs responsables - voyager en van - tourisme durable - tourisme responsable

 

  • Comment définiriez-vous le voyage responsable ? 

Aujourd’hui par « responsable » on intègre la notion de respect à nos escapades. Respect des humains, des animaux et des paysages que l’on traverse.

On ne voyage pas pour voyager, on tente du mieux que nous pouvons de le faire de manière raisonnée et d’intégrer du sens à chacune de nos virées. On décidera de notre destination en fonction de ce qu’elle nous apportera.

 

  • Comment vous définiriez-vous en tant que voyageurs responsables?

On pourrait dire que nous sommes devenus des voyageurs responsables dès lors que nous avons commencé à ralentir.

Aujourd’hui nous avons toujours aussi soif d’aventure, mais avec notre van celle-ci commence à partir du moment où nous claquons les portières du véhicule et que les clés sont branchées sur le contact. On ne cherche pas à rejoindre une destination en quelques heures, c’est encore mieux si on y arrive en quelques jours. Le trajet devient notre aventure, on ralentit, on savoure. C’est dans ces moments là que nous faisons les plus belles rencontres, que nous croisons les plus beaux paysages, que nous nous construisons nos meilleurs souvenirs, parce qu’on se laisse le temps d’apprécier.

Ralentir, ce n’est pas simplement une question de vitesse. Pour nous c’est aussi le moyen de se remettre en question. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour réduire encore plus notre impact ? Faire les marchés, acheter local, frais. Tout cela permet déjà de réduire nos déchets. Fabriquer ou acheter nos produits cosmétiques à base de produits naturels, comme le dentifrice, le déodorant, le shampoing… pour ne laisser aucune trace de notre passage.

Loin d’être exemplaires, nous nous nourrissons des expériences de la communauté pour améliorer encore et encore notre quotidien et notre impact sur les routes.

 

  • Quelle est l’action responsable dont vous êtes le plus fier en voyage ?

Nous n’avons pas d’action dont nous sommes particulièrement fiers. Mais notre mode de voyage à bord de nos vans a changé notre façon de voir les choses et de vivre jusque dans notre quotidien. En adoptant une routine plus raisonnée, à travers l’utilisation de cosmétiques-maison, de produits naturels, par exemple. En cultivant notre potager, afin de partir en vadrouille avec nos propres légumes. Et aujourd’hui avec notre bébé, où il n’est pas question de déplacer des tonnes de couches en plastiques lors de nos voyages. Nous avons rapidement mis en place des réflexes plus respectueux de notre environnement. Augustine fait la fière avec ses couches vintages en lange de coton.

 

  • Quels conseils donneriez-vous à d’autres voyageurs, pour réaliser un voyage responsable ?

On ne souhaite pas être donneurs de leçons, car on imagine que chacun fait comme il le peut.

Mais c’est vrai qu’il y a des petits gestes qui peuvent nous permette de devenir plus responsables.

Comme avoir toujours des sacs poubelles dans son véhicule par exemple. Ce n’est pas rare de croiser des sites particulièrement sales, alors on prend quelques minutes pour y ramasser les détritus.

La France regorge de pépites encore méconnues ou de paysages spectaculaires. Un voyageur en quête de dépaysement n’aura pas forcément besoin de s’envoler à l’autre bout du monde pour y trouver son bonheur.

Un dernier petit conseil, c’est de ralentir ! De prendre les petites routes, ces chemins de traverse qui nous offrent de nouveaux points de vue des paysages que tout le monde connaît déjà. De s’arrêter quelques minutes pour échanger avec un habitant du village qu’on est en train de visiter.

 

slow life - slow tourisme - ralentir en voyage

 

  • Quelles sont selon vous les meilleures applications pour voyager de façon responsable ? 

Oups, nous n’en utilisons pas !

 

  • Racontez-nous une anecdote à propos de l’un de vos voyages !

On ne va pas aller la chercher très loin celle-là. C’était lors de notre tout premier voyage à bord de notre van. Objectif : faire le tour de la Bretagne.

Nous étions dans le Golfe du Morbihan, nous cherchions un spot pour la nuit. Pour ceux qui on déjà visité ce coin en van, il est très difficile d’y trouver un endroit pour dormir.

Nous voilà engagés dans un cul de sac, au milieu des pins, il faudra bientôt faire demi tour, il n’y a rien ici à part des entrées de grandes maisons de famille.

Dans notre manœuvre un monsieur nous fait signe, il est accompagné d’une femme et d’une personne plus âgée. Mince on doit être devant chez lui, peut être que nous gênons l’entrée.

Le monsieur s’approche de la fenêtre. Sa belle-maman est très vieille et fatiguée, est-ce qu’on peut les aider à rentrer ? Ni une ni deux, mamie se retrouve sur le siège passager, quant au monsieur et sa femme, ils se serrent avec Anaïs sur le lit à l’arrière.

Il n’y a peut être qu’un ou deux kilomètres à faire, mais la situation nous fait tous rire.

On arrive plus loin dans un jardin au bord de l’eau. La grand-mère nous propose des lits chez elle pour dormir cette nuit. Comme on préfère dormir dans Odyssey, et surtout qu’on n’a pas envie de déranger, elle nous propose de nous garer ici, sur son terrain.

Ce soir là, elle nous invite tous à déguster des huîtres et du vin blanc au bord de l’eau, directement chez l’ostréiculteur.

Fin de journée parfaite, avec un coucher de soleil magnifique et un spot pour dormir les pieds dans l’eau.

 
Anaïs & Olivier

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *